Le plastique, ça fait belle lurette que c’est plus fantastique…

Malheureusement, on a encore du mal à lui trouver un remplaçant, tant on l’utilise partout et pour tout. Dérivé d’hydrocarbures, c’est aujourd’hui le polluant numéro un de nos océans, où les gros morceaux se retrouvent emprisonnés par les courants océaniques pour former de véritables « continents de plastique », et où ils finissent par se déliter en microplastiques, suffisamment petits pour être ingérés par les organismes marins, et finir dans nos assiettes, ni vu ni connu !

La course aux alternatives

Il est donc urgent d’agir ! Réduction des emballages plastiques, meilleure gestion des déchets, recyclage, ou interdiction de certains objets en plastique à usage unique sont autant de solutions mises en place récemment pour lutter contre ce fléau de plastique !

Mais la science aussi fait sa part !

Depuis des décennies, les chercheurs sont à pied d’œuvre pour développer de nouveaux matériaux durables qui ne soient pas des plaies environnementales !

Aujourd’hui, on aimerait vous parler d’une équipe de chercheurs israéliens de l’université de Tel-Aviv, qui a travaillé sur l’optimisation de la production d’un bioplastique, qui ne serait pas issu d’une culture agricole classique (et qui donc ne nécessiterait ni eau douce, ni parcelle agricole fertile, 2 éléments dont la disponibilité dans de nombreux pays est limitée.)

Les PHA, des plastiques biodégradables…

Les PHA – PolyHydroxyAlkanoates de leur petit nom – sont des alternatives au plastique conventionnel : contrairement aux plastiques produits à partir d’hydrocarbures, qui peuvent mettre plusieurs centaines d’années à se décomposer, ils sont produits directement par des micro-organismes, sont biodégradables (genre pour de vrai, pas juste à l’usine, mais aussi dans l’eau – douce ou salée – ou le sol !) et ne produisent aucun résidu toxique.

Malgré une production encore limitée, les PHA peuvent être utilisés pour fabriquer des emballages alimentaires, des fibres, des implants biocompatibles ou encore des biocarburants. Issus notamment de bactéries (mais pas que !), ce sont notamment la disponibilité et le coût des substrats nécessaires à leur production qui freinent une production à grande échelle.

…produits en réponse au stress !

Naturellement, les PHA sont des polymères produits sous formes de petits granulés stockés dans les cellules bactériennes. Ils sont produits en réponse à un stress, et stockés pour être utilisés comme source d’énergie en cas de disette !

Nos chercheurs israéliens ont donc cherché un micro-organisme qui produirait le bon polymère (avec des propriétés qui vont bien, histoire de pas faire des plastiques qui cassent ou qui fondent trop facilement), et qui nécessiterait pour « pousser » un substrat disponible et peu couteux. Leur choix s’est porté sur Haloferax mediterranei, une bactérie « mangeuse d’algue » – les algues, c’est la vie !

Mais il faut la nourrir, cette bactérie !

Il a ensuite fallu trouver le bon substrat pour que les bactéries puissent produire un maximum de PHA, et c’est pour cela qu’ils ont choisi une « mangeuse d’algue ».

Ils ne sont pas les premiers à tenter d’utiliser un substrat algal pour faire pousser leurs bactéries productrices de PHA, mais jusqu’à présent, personne n’avait tenté d’utiliser des algues de type Ulva comme substrat. Ulva, vous la connaissez presque tous, c’est la « laitue de mer », ces grandes feuilles vert vif qu’on voit sur les rochers à marée basse (et qu’on peut manger comme ça ! c’est un peu salé, je vous l’accorde !). En plus, double benef’, comme Ulva peut être source de problèmes lorsqu’elle prolifère, son utilisation comme substrat pourrait aussi aider à gérer les déchets amoncelés lors de son élimination !

C’est aussi le substrat idéal: pas besoin de terre fertile pour la faire pousser, elle nécessite peu d’apport en nutriments (coûteux eux aussi !), et elle n’est pas utilisée dans l’industrie agro-alimentaire (donc pas de conflit d’utilisation !).

En réalité, ils ont même testé 7 algues différentes, et c’est Ulva qui tient la palme !

Dans le meilleur des mondes, on pourrait alors utiliser la laitue de mer qui encombre les plages pour nourrir des bactéries qui en échange, nous fourniraient du plastique aux qualités similaires à celles du plastique « cracra » actuel, mais 100% biodégradable !

Vous voyez, tout n’est pas perdu !

 

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