Les forêts tropicales font partie des écosystèmes terrestres les plus productifs de la planète, et à la biodiversité la plus importante. Le changement climatique, et plus particulièrement l’augmentation de la fréquence des épisodes de sécheresse, fait partie des (nombreuses !) menaces qui pèsent sur ces écosystèmes – en plus de la bonne vieilles déforestation, de la pollution, de l’utilisation des pesticides, de la culture de palmiers à huile… Pardon, je m’égare.

Et les invertébrés dans tout ça ?

Bien sûr, quand on parle de forêts tropicales, on pense aux orang-outans, aux arbres immenses, et aux oiseaux tropicaux. Pour les phobiques d’entre nous, on pense peut-être un peu aux grosses bebêtes qu’on aimerait pas y croiser, du genre serpents et grosses araignées. Mais et les petites choses alors ?

Si ces écosystèmes sont aussi productifs, c’est aussi parce que les invertébrés et micro-organismes du sol y sont particulièrement actifs !

Et parmi tous ces invertébrés, il y a… les termites!

Pourquoi les termites ? D’abord, parce qu’on les retrouve un peu partout sur la planète. Elles entretiennent également des relations symbiotiques avec différents micro-organismes, ce qui leur permet notamment de digérer la cellulose.

(En aparté, quand la relation est symbiotique, c’est qu’elle profite à tous les protagonistes – chacun y trouve son compte !)

Grâce à cette capacité à digérer la cellulose, les termites sont devenues des actrices majeures de la décomposition des résidus de feuilles et de bois mort dans les forêts tropicales. Les termites décomposent, mélangent et régulent l’humidité du sol !

Termites + sécheresse = termites séchées ?

Une équipe de chercheurs issus d’universités australiennes, malaysiennes, anglaises, chinoises et sud-africaines (oui, rien que ça…) ont cherché à savoir ce qu’il advient des termites en période de sécheresse, et les impacts que cela aurait sur le fonctionnement des forêts tropicales.

Plutôt que de travailler avec des modèles mathématiques et d’extrapoler en utilisant les chiffres seuls, ils ont mis en place une expérimentation grandeur nature !

Pour ce faire, ils ont choisi de travailler dans la forêt tropicale qui couvre la partie malaysienne de l’île de Bornéo, pendant et après l’épisode de sécheresse causé par le phénomène climatique El Niño de 2015-2016. Dans certaines zones, ils ont supprimé les termites (manuellement, et oui…), afin de pouvoir comparer l’évolution de l’écosystème local dans les zones encore « termitées ».

Et en fait, il s’est avéré que l’abondance et l’activité des termites pendant la période de sécheresse étaient en augmentation.

#TermitesPasSéchéesDuTout

Il y avait même 2 fois plus de termites pendant la sécheresse qu’après !

Durant cette période, elles ont ainsi contrôlé les taux de décomposition, le mélange des nutriments dans le sol, et le taux d’humidité du sol ! Aucun autre groupe d’invertébré ne semble avoir participé à cette compensation !

Gare à l’extinction des termites !

Les termites sont sensibles aux dérèglements que subissent les forêts tropicales, et notamment à la présence et aux impacts des activités humaines. Dans des conditions naturelles, elles sont capables de moduler leur abondance et leur activité afin de maintenir leur habitat en bonne santé, en régulant notamment l’humidité du sol et la décomposition humique nécessaire à tout le reste de l’écosystème. Mais si nos activités les font disparaître, c’est tout l’écosystème qui sera fragilisé.

De la même manière que les abeilles, dont l’action pollinisatrice nous est absolument indispensable, les termites sont cruciales au bon fonctionnement des forêts tropicales, poumons de notre planète.

Alors…

#SauvonsLesBaleines

#SauvonsLesAbeilles

#MaisSauvonsLesTermitesAussi !

 

Inscription à la newsletter

Renseignez vos centres d'intérêts et recevez uniquement les nouveautés des domaines qui vous intéressent

S'inscrire

Merci pour votre inscription.

Une erreur est survenu lors de votre inscription.

Merci de réessayer ultérieurement, ou de nous contacter via le formulaire.