« Peut-être le sort a-t-il voulu qu’aujourd’hui soit le 4 juillet ? Vous allez une fois de plus devoir défendre notre liberté. Non pas de la tyrannie, de l’oppression, de la persécution… mais de l’anéantissement. Nous combattons pour notre droit de vivre, d’exister. (…) »

Président Thomas Whitmore, Independence Day (1996).

C’est sûr que vous vous en rappelez de ce discours si vous avez vu Independence Day. Même que si on avait pu, après ça, nous aussi on aurait pris les commandes d’un avion pour aller tataner de l’alien !

Mais justement, quelle littérature et quelle rhétorique derrière les discours de guerre des (vrais !) présidents américains au fil du temps ?

Quels présidents, et quelles guerres ?

Figurez-vous que c’est un chercheur espagnol qui a décidé de s’intéresser au sujet…

Comment défendre l’effort de guerre de son pays ? Comment convaincre ses concitoyens de la nécessité d’envoyer combattre ses soldats ?

Les discours de guerre des présidents américains ont-ils été aussi variés au fil du temps que l’ont été les personnages qui les ont prononcés ?

Pour analyser tout ça, notre chercheur espagnol a étudié différents discours (43 en tout !) prononcés par 5 présidents américains, prononcés alors que les Etats-Unis étaient engagés dans différents conflits :

  • Lyndon B. Johnson, Guerre du Vietnam
  • Richard Nixon, Guerre du Vietnam
  • George H. W. Bush, Guerre du Golfe
  • George W. Bush, Guerre contre le terrorisme (War on Terror)
  • Barack Obama, Guerre contre le terrorisme (War on Terror)

Et au travers de tous ces discours, notre spécialiste a d’abord cherché à identifier quel type d’ « histoire » était raconté, et quelles étaient les différences et similitudes narratives chez tous ces présidents.

Le mythe de l’Amérique protectrice

Vous avez tiqué à la notion d’ « histoire » racontée ? On parle bien de discours de guerre là, non ? En réalité, depuis la fin du 20ème siècle, la rhétorique présidentielle américaine laisse une part de plus en plus grande à la narration d’histoires qui donnent un caractère plus personnel aux discours et permettent ainsi de mieux convaincre.

Notre chercheur met ainsi en avant que, quelle que soit la guerre « défendue » ou l’orientation politique du président, les discours s’appuient quasiment tous sur des histoires destinées à renforcer le mythe d’une Amérique protectrice des faibles et gardienne de la liberté, un argument qui leur a permis à tous de rendre l’effort de guerre plus compréhensible et plus facile à soutenir.

C’est bien joli, mais au final, ils ont un peu tous justifié leur guerre avec ça…

Au final, et c’est encore plus le cas depuis la guerre du Vietnam, chaque président a intégré à ses discours des histoires personnelles personnifiant l’héroïsme, le patriotisme, le sens du devoir, et – bien entendu et par-dessus tout ! – la défense de la liberté ! (Avengers Assemble !)

Pas si différents au final ?

Notre chercheur a poussé encore plus loin quand il s’agissait de comparer les discours des 2 présidents les plus différents du lot : George W. Bush et Barack Obama.

Et au final, aussi différents qu’ils aient pu être, personnellement comme politiquement, leurs discours visant à justifier de la guerre menée par les Etats-Unis contre le terrorisme étaient relativement similaires ! L’Amérique, gardienne autodésignée de l’ordre mondial et de la liberté des peuples se trouve attaquée par un ennemi brutal, et barbare: ainsi, on appelle à l’émotion plus qu’à la raison – l’Amérique a le DEVOIR de partir en guerre contre cet ennemi diabolique !

Démocrates ou républicains, on joue toujours la même carte !

C’est pas pour rien alors que c’est toujours les américains qui sauvent le monde au cinéma ??

 

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