Allez, cette fois, entrons un peu dans le technique…

La science-fiction, c’est pas pour demain. Ça fait déjà quelques années que les chercheurs s’intéressent à la possibilité de fabriquer des organes en laboratoire, pour pallier au problème du manque d’organes pour les greffes, ou encore éviter les rejets. Bon, pour l’instant, on en est pas au stade de savoir fabriquer des organes aussi facilement que Tricatel fabrique ses poulets dans l’Aile ou la Cuisse, ou aussi rapidement que Liloo dans le cinquième élément, mais on est sur la bonne voie, et surtout, on cherche des moyens d’améliorer tout ça !

Pour l’instant, on sait faire quoi ?

Pour l’instant, pour certains organes « esthétiques » comme les oreilles, on sait utiliser certains bioplastiques, ou encore les faire pousser sur le corps du donneur, pour que ça soit sa propre peau qui les recouvre (si, si, je vous jure, allez lire ça par vous même ici !). Mais pour les organes complexes comme les poumons, dont les cellules doivent être différenciées, et accomplir leur tâche sans faille, c’est plus difficile…

Pour faire « pousser » des poumons aujourd’hui, on doit d’abord se procurer un « squelette » de poumons. En anglais on appelle ça un « scaffold », un échafaudage, c’est plutôt bien imagé.

Il faut tout d’abord obtenir des poumons de la part d’un donneur, puis les décellulariser, c’est à dire retirer toutes les cellules qui s’y trouvent, afin de ne garder que la matrice extracellulaire – le fameux « échafaudage » où viennent se fixer les cellules !

Pour l’instant, on utilise des cellules particulières, des cellules épithéliales pulmonaires, pour repeupler notre échafaudage (ce sont les cousines des cellules de la peau, l’épithélium pulmonaire c’est d’ailleurs un peu la peau de l’intérieur de nos poumons, et c’est là que se passent tous les échanges gazeux !).

Sauf que le problème, c’est que ces cellules épithéliales pulmonaires on a du mal à en trouver beaucoup, et faire pousser tout ça, ça prend la vie des rats…

Alors la nouveauté, c’est quoi ?

La nouveauté, dont on connaît déjà un peu le nom, ce sont les cellules souches ! Une équipe de chercheurs des Universités de Yale et du Michigan ont décidé de tenter d’utiliser des cellules souches un peu particulières pour voir si ça ne permettrait pas d’accélérer un peu le processus.

Mais les cellules souches, c’est quoi ??

La cellule souche, c’est la cellule zéro. C’est celle qui peut devenir tout ce qu’elle veut… A l’origine, on les trouve dans l’embryon ou le fœtus, ce sont les premières cellules créés, et qui ne sont pas encore différentiées. Elles pourront devenir par la suite des cellules du foie, de la peau, ou du cerveau… Il en existe plusieurs types, et je vous passe les détails mais aujourd’hui, on sait « refabriquer » des cellules souches à partir de cellules du corps humain adulte !

Et nos chercheurs américains, ils n’ont pas utilisé n’importe lesquelles, ils ont utilisé des cellules souches pluripotentes induites. En bon français, c’est des cellules qui peuvent devenir n’importe quoi, et qu’on a obtenues à partir de cellules de peau adulte.

Pourquoi ça changerait tout ?

Ça changerait tout parce que, si la méthode est perfectionnée, elle permettrait de greffer à des malades des poumons contenant leurs propres cellules, et donc d’éliminer la possibilité de rejet ! Cela permettrait également de lutter contre le manque d’organes disponibles pour les demandeurs de greffe.

Notre équipe de chercheurs a réussi, au cours de ses expérimentations, à faire pousser des cellules (les bonnes !) sur les structures pulmonaires utilisées. Mais il faut encore améliorer les méthodes de différenciation des cellules souches, et le coût de ces procédures, avant de pouvoir envisager de fabriquer des poumons tout neufs « à la chaîne » !

En attendant, le plus sage, c’est toujours de prendre grand soin de vos poumons ! Alors lâchez moi cette clope et allez faire un tour à la montagne !

 

Inscription à la newsletter

Renseignez vos centres d'intérêts et recevez uniquement les nouveautés des domaines qui vous intéressent

S'inscrire

Merci pour votre inscription.

Une erreur est survenu lors de votre inscription.

Merci de réessayer ultérieurement, ou de nous contacter via le formulaire.