On le sait (presque) tous, le Japon possède un taux de criminalité parmi les plus bas de tous les pays industrialisés. Et ceux qui y ont voyagé ne manqueront pas de se rappeler que, bien que Tokyo soit la plus grande ville de la planète, on peut y garer son vélo sans antivol ou laisser sécher son parapluie à l’entrée du magasin sans aucun risque!

Mais comment ils font ??

Pour lutter contre le crime, le Japon a mis en place un système inédit de bénévolat anti-crime : au cours des 10 dernières années, le nombre de ces bénévoles est passé de 200 000 à 3 millions ! Comment motiver les citoyens ? Quels avantages à ce système ?

Toutes ces questions ont fait l’objet d’un numéro spécial sur la prévention du crime au Japon de la revue International Journal of Law, Crime and Justice, parue en Septembre 2018.

La criminologie environnementale ?

En 1991, Brantingham et Brantingham (oui, ils étaient mariés…) ont créé le terme de criminologie environnementale. Ils ont considéré que les évènements criminels étaient à la confluence entre criminels, victimes et lois, et dépendaient d’un environnement spécifique à des lieux et moments particuliers. La compréhension du crime comme un produit de l’environnement dans lequel il se produit induit que l’on pourrait peut-être le contrôler, et même le prévenir!

Des chercheurs des Universités de Kobe et Kyoto ont même tenté de modéliser le capital social et les résultats d’une responsabilisation de la communauté dans la prévention du crime à Kyoto.

Une prévention organisée

Au Japon, les associations de voisinage existent depuis plus d’un millénaire, et servaient à l’origine à s’entraider lors de travaux agricoles, négocier des accords avec les seigneurs locaux, ou se protéger mutuellement. Aujourd’hui, chaque district en compte plusieurs, organisées en sous-unités de 5 à 10 foyers. Leurs activités incluent l’accompagnement des enfants à l’école, l’inspection de « lieux dangereux », ou encore des patrouilles du voisinage.

C’est là qu’on découvre le « capital social » ! Le capital social, c’est l’ensemble des connections entre les individus – un réseau social au sens premier du terme ! – qui permettent de développer des normes de réciprocité et de confiance au sein d’une communauté. Il a même été démontré qu’un niveau élevé de capital social se traduisait, toute choses égales par ailleurs, par des niveaux de crime plus faibles !

Mais alors ça marcherait chez nous aussi ?

Il semblerait que oui !

Nos chercheurs japonais, dans un précédent article, avaient crée un modèle expliquant comment les efforts des résidents de la communauté pouvaient enrichir le capital social, et ont réussi à l’appliquer à d’autres villes ! Ils prouvent même qu’au-delà de faire baisser le crime, le capital social permet d’augmenter le confort de vie des enfants et des personnes âgées au sein de la communauté. Enfin, leur modèle prouve également que ce capital social est efficace contre le crime de rue (agressions par exemple), mais moins contre les crimes « invasifs », comme les cambriolages par exemple.

En conclusion, c’est en étudiant les relations entre l’environnement social et l’organisation spatiale de l’environnement que la prévention du crime par les résidents peut être rendue plus efficace ! Au Japon, le gouvernement amis en place de nombreuses initiatives pour favoriser l’implication des résidents au sein de leur communauté. Le vieillissement de la population japonaise pourrait en effet causer un déclin assez brutal du nombre de ces bénévoles anti-crime.

Vous savez ce qu’il vous reste à faire pour sécuriser votre ville… Impliquez-vous ! Allez, à vos assos !

 

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