Si vous avez regardé la série Black Mirror et que vous avez réussi à arriver jusqu’à la fin de la saison 3 sans avoir totalement perdu foi en l’humanité et tout espoir en l’avenir, alors vous avez sans doute vu l’épisode intitulé Haine Virtuelle, où le Royaume-Uni est forcé d’utilisé des mini-robots-drones-abeilles pour polliniser ses plantes, puisque les abeilles ont disparu. Je vous passe la partie de l’histoire où les mini-robots tuent des gens, c’est pas la question du jour…

Ces robots-là, ça sera pour quand on sera obligés d’être en version 5.0, quand on aura été assez cons pour flinguer tous nos pollinisateurs (en vrai, des chercheurs d’Harvard y travaillent déjà, et ont surnommé leurs mini-robots RoboBees !).

Profitons d’avoir encore des insectes !

Mais en attendant d’avoir carrément besoin de remplacer nos insectes, on réfléchit d’abord à quelques moyens de travailler avec la nature plutôt que contre ! Et justement, une équipe de doctorants de l’Université de Washington s’est récemment posé une question plutôt intéressante : comment optimiser l’installation de capteurs environnementaux (température, humidité, ou luminosité) – qui permettraient de faire de l’agriculture connectée par exemple ? Lorsqu’on les installe sur des drones, la durée de captage est limitée, rapport à la durée de vie des batteries des drones…

Du coup, nos doctorants ont commencé à se demander s’il n’y avait pas, par hasard, quelque part, un truc volant qui pourrait voler plus longtemps, et qu’on pourrait utiliser à la place d’un drone pour installer des capteurs.

Think, think , think…

Mais oui mais c’est bien sûr ! Et si utilisait tous ces trucs qui volètent partout autour des champs ? Ces trucs à 6 pattes là… Ah oui voilà, les insectes !

Et si on essayait d’embarquer nos capteurs sur eux ?

Idée folle ?

Pas tant que ça…

Les défis à surmonter

C’est qu’ils étaient nombreux les défis à surmonter justement…

D’abord, il faut un insecte assez gros, et assez costaud pour pouvoir trimballer les capteurs, même s’ils sont tout petits ! Après mûre réflexion, nos chercheurs ont choisi le bourdon, pour sa taille et sa capacité à porter de lourdes charges (oui, ils ont choisi de presque fabriquer un BumbleBee dans la vrai vie, j’adore !).

Il a fallu trouver des composants suffisamment petits et pas trop lourds, trouver un moyen de géolocaliser l’insecte pendant ses pérégrinations (sinon, c’est bien joli de capter le taux d’humidité d’un endroit, mais si tu sais pas où c’est…), avoir un moyen de stocker les données, puis de les restituer, le tout sans fil… Ah oui, et recharger la batterie du capteur aussi…

Ce ne fut donc pas une mince affaire, mais après moult tests, ils ont réussi !

Et en plus, même si le travail avec les insectes n’est pas régi par le code des bonnes pratiques du travail scientifique avec les animaux de leur université, ils ont tenté au maximum de travailler de manière éthique (ils ont par exemple utilisé des mini robots pour tester l’effet du battement d’ailes sur la géolocalisation, au lieu de sacrifier des bourdons !).

Ils ont donc réussi à installer, avec un point de colle, des petits paquets d’un tout petit peu plus de 100 mg sous le ventre des bourdons (histoire de ne pas risquer de leur coller les ailes), capables de prendre des mesures toutes les 5 secondes pendant 10 heures, et de transmettre les données une fois de retour à la ruche !

Et la suite ?

La suite ça sera de tester le système en vrai, et puis d’essayer d’y apporter quelques améliorations… Nos chercheurs rêvent déjà de réussir à contrôler la direction du vol des insectes, d’intégrer un chargeur solaire, ou encore de choisir des insectes encore plus gros comme les scarabées, et d’utiliser directement l’énergie crée par leur battement d’ailes !

Avec une armée de bourdons capteurs de données, on pourrait difficilement faire mieux en terme de suivi continu des conditions environnementales…

De là aux insectes espions, il n’y aurait presque qu’un pas…

 

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