Serrures connectées, vannes de radiateurs intelligentes, stores pilotés à distance, smartwatches ou autres moniteurs d’activité… Nos appareils doivent gérer des quantités de données de plus en plus importantes sans pour autant avoir consommé toute leur batterie dès 10h30 du matin…

Bien évidemment, chez les fabricants de puces et de processeurs électroniques, toutes les têtes pensantes sont sur le coup !

RAM, DRAM, PRAM, RRAM ???

RAM, ça veut dire Random Access Memory (oui, c’est bien de là que vient le nom du dernier album en date de Daft Punk, même s’ils ont un peu joué sur les mots…). La RAM c’est la mémoire vive de votre ordinateur (ou de votre téléphone d’ailleurs…). On l’appelle comme ça parce qu’elle ne conserve les données stockées que jusqu’à ce que vous éteigniez l’appareil. Une fois que vous coupez le courant, les données stockées dans la RAM disparaissent, perdues pour la nation…

Dans les années 2000, quand on avait 256 Mégaoctets de RAM, on était super contents… Aujourd’hui, votre iPhone X en a 3 Gigaoctets, et pour un ordi qui tourne bien, c’est 8 Gigaoctets !

La DRAM, c’est de la RAM Dynamique, et la PRAM c’est une mémoire à changement de phase qui sait conserver des données même lorsque l’alimentation électrique est coupée, comme la mémoire flash d’ailleurs.

C’est alors qu’entre en piste la RRAM : la RAM Résistive. Pour l’instant, elle est encore en cours de développement. Les constructeurs ont bon espoir qu’elle détrône un jour la DRAM et la mémoire flash, grâce à des performances largement supérieures. Dans le cas de la RRAM, on fait circuler un courant électrique dans une cellule composés de couches de matériau empilées, et c’est le changement de résistance électrique qui permet d’enregistrer les données.

Mais quel genre de matériaux ?

Justement, pas n’importe lesquels !

D’abord, il faut trouver quelque chose de solide. En effet, il faut pouvoir stocker et récupérer des données plus de mille milliards de fois! Et ça, pour l’instant, on a pas trouvé. C’est bien pour ça que les fabricants n’en ont pas encore équipé tous nos ordinateurs!

Une équipe menée par les chercheurs de l’Université américaine de Purdue s’est récemment intéressée au problème. Ils ont testé la capacité à stocker et restituer rapidement l’information de différents types de métaux avec différents courants électriques.

Leur choix s’est porté sur un type de matériau particulier, qui s’est avéré récemment intéressant pour différentes applications électroniques : les monocouches de dichalcogénures de métaux de transition (mouhahahaaaa…)

Les mono-quoi??

Ah j’ai vu d’ici vos yeux s’arrondir, et votre cerveau se demander comment même on prononce cette aberration de nom…

Alors d’abord, les métaux de transition, ce sont des métaux qui ont une configuration électronique particulière. En d’autres termes, leurs électrons ne sont pas disposés exactement comme chez leur cousins.

En fait, ces matériaux un peu spéciaux sont composés de monocouches empilées, en plaçant en sandwich une couche de métal de transition entre 2 couches d’atomes de la famille des chalcogènes (d’où le fameux « dichalcogénés »), qui n’est autre que la famille de l’oxygène !

Et nos chercheurs ont même eu une préférence pour le ditellurure de molybdène (une couche de molybdène en sandwich entre 2 couches de tellure !)

Lorsqu’un courant électrique traverse le matériau composant ces nouvelles cellules, les atomes se déplacent très légèrement, et l’on observe soit un état de haute résistance électrique (1), soit un état de basse résistance électrique (0). Et vous le savez peut-être mais dans nos ordinateurs, toutes nos données ne sont en réalité que des suites de 0 et de 1. Du coup, avec ce matériau, le courant électrique nécessaire à l’enregistrement de ces 1 et 0 serait bien moindre! Et donc votre batterie durerait plus longtemps !

Tadam !

N’essayez pas de leur piquer l’idée, ils ont déposé un brevet (même deux !)

 

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