Immédiatement, vous pensez aux méchants japonais qui tuent les baleines sous couvert de « recherches scientifiques » mais en fait, ça fait plus de 5000 ans que les humains chassent la baleine. On est d’accord, y’a 5000 ans, c’était pas vraiment de la chasse industrielle… C’est à partir du 18ème siècle qu’on a (malheureusement) masterisé les technologies nécessaires à une chasse intensive de la baleine et qu’on est passés à la chasse commerciale…

La chasse à la baleine au 20ème siècle

Le 20ème siècle a vu l’avènement de navires plus rapides, plus aisés à manœuvrer, et la naissance du canon lance-harpon (encore une belle idée ça tiens…)

En 1930, on tuait plus de 50 000 baleines par an (oui, même nous les français).

Dès 1940, les populations de baleines bleues ou de cachalot avaient subi de telles pertes qu’elles étaient proches de l’extinction.

En 1986, la commission baleinière internationale a pris la décision d’interdire presque intégralement la chasse à la baleine. Certaines populations sont autorisées à un nombre précis de prélèvements annuels, lorsqu’ils sont nécessaires à leur subsistance. Un quota pour la chasse commerciale est établi annuellement, et en 2017, seules la Norvège et l’Islande chassaient encore commercialement la baleine (environ 1000 baleines tuées cette année-là). Enfin, la fameuse « exception scientifique » permet au Japon de continuer à prélever des spécimens de baleine sous couvert de « recherches scientifiques ». Cela dit, en Décembre 2018 les japonais ont annoncé leur décision de quitter la Commission baleinière internationale pour reprendre une chasse commerciale libre de tout quota…

Bref, tout ça pour dire que le 20ème siècle a pas été super folichon pour les baleines…

Le stress chez les animaux

Bien sûr que les animaux subissent du stress ! Souvent, c’est à cause de nous les humains, mais pas toujours ! Le manque de nourriture en hiver, l’apparition et l’abondance des prédateurs ou encore les conflits avec leurs congénères sont des facteurs de stress parfaitement naturels. Evidemment, la destruction de leur habitat, la chasse, ou le changement climatique, ça, c’est nous…

Forcément lorsqu’il affecte leur comportement, on repère les signes de stress assez facilement. Mais chez les poissons ou les baleines par exemple, comment faire ?

Nous autres vertébrés (poissons et baleines inclus !), nous produisons tout un tas d’hormones au cours de notre vie, et certaines d’entre elles sont spécifiques à une réponse au stress. C’est le cas du cortisol.

Et comme on sait la mesurer cette hormone, une équipe de chercheurs américano-britannique s’est demandé si justement, on ne pourrait pas essayer de la mesurer chez les baleines !

La mesurer ? Mais dans quoi ?

Faire un prélèvement sanguin par-ci par là, quand on arrive à s’approcher suffisamment près d’une baleine en bateau, passe encore. Mais pour en faire tout une étude, il en faudrait quand même un certain nombre… Et puis, faire un suivi d’une même baleine ça deviendrait carrément difficile !

Heureusement, il existe un moyen bien plus simple et bien plus pratique quand il s’agit d’étudier les baleines : le cérumen de leurs oreilles !

Je ne vous mens pas.

Au cours de leur vie, la cire qui s’accumule dans les oreilles des baleines forme de véritables carottes, qui ont été retrouvées et conservées au fil du temps. En analysant les couches successives des ces bouchons d’oreilles, notre équipe de chercheur a été capable de réaliser un véritable suivi des niveaux de cortisol tout au long de la durée de vie des ex-propriétaires de ces bouchons ! Et ils en ont étudié 1084, de 3 espèces différentes de baleines, pour couvrir une période de 146 ans au total !

Les résultats sont sans appel : au cours des 146 dernières années, le niveau de cortisol des baleines sauvages est positivement corrélé à la pression de la chasse à la baleine. Plus on les a chassées, plus leur niveau de cortisol est monté. Et pour en remettre une couche, l’augmentation des températures de l’eau de mer entre 1970 et 2016 a aussi été identifiée comme une seconde source de stress !

On observe donc une réponse physiologique globale à la pression de chasse !

Tout ça pour qu’en plus, au Japon, presque personne n’en mange de la baleine, alors si on les laissait un peu tranquilles non ?

 

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