Le harcèlement scolaire est un véritable fléau aux Etats-Unis : il affecte 21% des 12-18 ans. Identifié comme tel depuis longtemps, les études sur le sujet sont fréquentes, et ce depuis plusieurs décennies.

En réponse à de nombreux rapports dans les médias citant une augmentation notable du harcèlement scolaire à la suite des élections présidentielles de 2016, 2 chercheurs des universités du Missouri et de Virginie ont décidé de mener une étude comparative sur le harcèlement scolaire pré- et post-élections, en y intégrant l’orientations politique locale.

Comment est-ce qu’on étudie le harcèlement scolaire ?

Dans le cas de l’étude à laquelle on s’intéresse aujourd’hui, les auteurs ont fait appel aux écoles publiques de Virginie, et ont fait remplir un questionnaire aux élèves de 12 à 14 ans dans le cadre d’un audit sur le climat scolaire. Près de 97% des écoles éligibles ont participé à cette initiative, et près de 80% des élèves concernés ont répondu au questionnaire. Les élèves ont répondu à ces questionnaires en 2013, 2015 et 2017 (2 pré-élections, et 1 post-élections). Les questionnaires comportaient une centaine de questions, relatives au climat scolaire, ainsi qu’aux détails démographiques des répondants.

En moyenne, 155 000 élèves ont rempli les questionnaires chaque année.

Pourquoi cette étude ?

Rien qu’en 2017, les médias américains ont rapporté plus de 50 cas de harcèlement scolaire dans lesquels des commentaires liés au président Trump nouvellement élu avaient été faits. Opinion publique, médias et spécialistes du harcèlement scolaire ont alors émis l’hypothèse que l’élection de Donald Trump aurait stimulé les comportements de harcèlement, et que le personnage lui-même adoptait régulièrement des comportements observés dans les situations de harcèlement.

Grâce aux résultats en leur possession depuis 2013, nos 2 chercheurs ont alors décidé de comparer leurs observations entre la période pré-élections et la période post-élections. Ils les ont complétées avec les informations relatives à l’orientation politique de chaque comté étudié grâce à leurs votes lors de l’élection présidentielle.

Alors, c’est pire ?

Pas partout.

En réalité, le principal résultat mis en avant dans cette étude, c’est qu’en 2017, dans les localités ayant voté majoritairement pour Donald Trump, les élèves ont subi plus de harcèlement (18% de plus) et plus souvent en lien avec leur origine ethnique (9% de plus) que dans les localités ayant voté pour la candidate démocrate Hillary Clinton.

Cette différence n’était pas significative en 2015.

Le questionnaire ne visant pas au départ à identifier la cause du harcèlement, ni à le mettre en lien avec un personnage public, les auteurs peuvent difficilement établir un lien de cause à effet direct et tangible entre Donald Trump et les situations de harcèlement scolaire observées. Des études supplémentaires seraient nécessaires afin de tenter de mettre en évidence un lien direct entre les agissements, commentaires et attitudes de Donald Trump, et le fait que les enfants de ses électeurs se sentent plus « libres » de harceler leurs pairs à l’école.

Le harcèlement scolaire reste néanmoins une préoccupation majeure, aux Etats-Unis comme en France, où nous devons impérativement mettre en place des solutions d’aide aux victimes de harcèlement.

De nombreuses techniques éducatives sont expérimentée aujourd’hui pour que nos enfants, dès leur plus jeune âge, puissent apprendre l’empathie et le respect de l’autre, et qui sait, peut-être qu’elle est là la solution contre le harcèlement, en amont !

 

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